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27 avril 2005
"Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage.
Quels rêves pour certains, ces bonheurs sont les nôtres.
Nous partons à nouveau, voir de nouveaux rivages
car la vie pour nous deux, c'est d'aller voir les autres.
S'il est vrai que partir veut dire un peu mourir,
nous pensons que rester c'est mourir tout à fait,
que le plaisir est double puisqu'il faut revenir.
Retrouver ceux qu'on aime est un bonheur parfait,
salut à tous, amis, nous penserons à vous,
n'oubliez pas "PASSAGES", le monde est une boule,
le tour sera vite fait, nous en viendrons à bout,
pour raconter la mer, à vous rendre maboule."
Monique et Jean-Claude, à bord du voilier "PASSAGES", ont quitté Port-Fréjus pour les Baléares. Destination finale : le Brésil.
Au programme de cette méga croisière : Gibraltar, les îles Canaris, les îles du Cap vert, le Sénégal et bien sur le Brésil.
Retour prévu ??? à la grâce de Dieu !
Vous pouvez leur laisser un message d'amitié
passages3@hotmail.com
DES NOUVELLES DE PASSAGES (2 janvier 2006)
"1heure du matin15°42N -18°10W reste 70NM pour atterrissage Dakar. Température Extérieur 27°6.
« Passages » ne semble pas pressé d'arriver.
Il glisse doucement sans effort sur une mer à peine ridée poussé par une très légère brise sous la bienveillance d'une lune toute ronde.
Nous sommes le 17 Décembre 2005 et voilà bientôt 8 mois que nous naviguons et flânons.
Après avoir traversé la Méditerranée, en respectant l'escale obligée de Mahon (Baléares) pour faire provision de Gin, nous avons fait quelques haltes sur la côte Espagnole afin de laisser passer le mauvais temps.
Je garde comme souvenir de cette Méditerranée : les calmes plats plats plats, journées entières au moteur, comptant les tortues dormant à la surface d'un lac, les furieux coups de vent nous obligeant à nous réfugier dans les mouillages sans même pouvoir aller à terre.
21Mai 2005. Fin de la Grande bleue avec le passage mythique, déjà célèbre dès l'antiquité, Les colonnes d'Hercule baptisées aujourd'hui détroit de Gibraltar. Nous n'avons pas pris le temps d'aller saluer les singes ; Je ne faisais pas allusion aux Anglais !!! Car bien qu'ennemi héréditaire j'ai un profond respect pour ce peuple de marin.
La météo faisant aussi ses caprices en Atlantique, nous avons dû visiter en détail la Barbate de Franco. Site sans beaucoup d'intérêt si ce n'est qu'il offre un très bon abri et que c'est dans ces parages que s'est déroulé la bataille de Trafalgar !!! Je vous avais dit plus haut : « ces maudits Anglais » !!!
Cap sur la baie de Cadix. Nous n'avons pas vue La Belle. Bobichon dit qu'à présent mieux vaut la chercher dans le registre des vieilles.
Arrêt à Rota notre port d'attache Espagnol Passages y est resté 1 année.
Nous y avons retrouvé nos connaissances, nos petites habitudes. C'est un endroit que j'affectionne particulièrement avec son château et ses tours crénelées, son église du XVIème, hostile de l'extérieur mais qui recèle un trésor de boiseries, d'azuléros et dont le coeur gothique est une pure merveille, ses ruelles étroites aux façades blanchies à la chaux, typiques de l'Andalousie et puis et surtout l'ambiance de ce Sud où les gens savent et prennent le temps de vivre.
Escale à Chipiona, rencontre avec des bateaux français que nous devons retrouver à Dakar..
Une soirée, qui dura une partie de la nuit, dans un tout petit bar inconnu des touristes, en compagnie de pêcheurs et de leur répertoire flamenco.
Ces voix d'hommes accompagnées de leur guitare nous ont transporté et enchanté. Nous avons partagé les rythmes et les ressentis de cette musique unique, quelques verres de Moscatel,.. et l'amitié .
Instant magique créé par la spontanéité et l'authenticité.
Visite de Ronda, une des perles de l'Andalousie qui manquait à notre culture.
Nous n'avons pas navigué seulement sur l'eau salée. La remontée du Guadalquivir jusqu'à Séville a été pour nous une belle aventure qui nous a rappelé celle vécue sur les Waterways aux USA.
Belle ballade paisible sur cette rivière bordée par une jolie campagne où vivent en pleine liberté les taurillons et futurs grands taureaux à l'écart des hommes, les chevaux sauvages accompagnés des jeunes qui tètent encore leur mère.
Sympathique d'avoir comme voisins au petit matin des hérons et grues cendrés qui fouillent la vase des berges à la recherche de leur nourriture.
Etonnant le bruit que font les cigognes avec leur bec, claquements très rapides qui rappellent les castagnettes. (Il faut préciser que se sont des cigognes espagnoles!) Nous étions mouillés à proximité des arbres dans lesquels étaient construit leurs vastes nids et avons pu admirer de très près ces grands oiseaux graciles malgré leur 3 mètres d'envergure. La chance a permis que nous assistions lors de la descente du Guadalquivir, à leur départ de migration. Quel spectacle que ce rassemblement de centaines d'individus dans un ciel que les couleurs du soir rosissaient. !!! Après avoir effectué 2 passages à quelques mètres de nos mâts, elles ont piqué plein sud, en formation de vol façon escadrille, une chorégraphie parfaite semblable à un meeting exécuté par la Patrouille de France.
Juste quelques lignes pour vous décrire Séville alors qu'il faudrait des pages.
Je n'ai pas pu m'empêcher de revisiter la cathédrale. La 3eme du monde, l'une des plus vaste d'Europe avec ses 23 500 m2. La plus large des cathédrales gothiques.
Cela m'a permis de me recueillir sur la tombe du maître de tous marins : Christophe Colom et celle d'Alphonse X Le sage, qui voulut réunir les cultures juive chrétienne et islamique pour la paix du monde et le bonheur des hommes Jamais royaume ne fut si près de l'harmonie.
A méditer : Que notre monde serait merveilleux, si le rêve de ce Sage y était partout réalisé !!!!
J'ai admiré le maître autel, oeuvre la plus marquante de la cathédrale : 220m2 de figurines sculptés.
Le plus grand retable du monde réalisé dans un style gothique fleuri le plus travaillé.
Du haut de la Giralda, grande tour qui domine la cathédrale, c'était autrefois le minaret de la grande mosquée que les catholiques ont eu le bon goût de ne pas abattre, on saisit mieux la configuration de ce vaste édifice; véritable dentelle de pierre. Magnifique vue aérienne de l'ensemble de la ville.
Nous avons rêvé dans le palais de l'Alcazar, joyau d'architecture mudejare, apprécié la fraîcheur de ses jardins aux heures les plus chaude de journée.
Dans ce cadre de verdure organisé, où seuls les arabes ont su allier avec autant de génie la végétation et l'eau, nous avons musardé parmi les bassins, fontaines, kiosques, labyrinthes végétal baigné de l'odeur sucré des figuiers, jasmin, orangers . Nous nous sommes pris à imaginer l'art de vivre de cette époque?.
Séville c'est aussi la vie nocturne, où il commence à faire bon à 23 h et où il devient agréable de se promener dans les ruelles animées du quartier juif où tout Sévillan vient prendre un verre et finir la soirée.
C'est aussi les flamenco, les bars à tapas, les sangrias glacées?..La bonne vie quoi !!!
Pendant ce temps, Passages mouillé au beau milieu de la rivière vivait sa vie, le nez pointé tantôt en amont où en aval au rythme des marées aux portes de Séville.
Retour. Content de retrouver l'Atlantique nous avons longé la côte jusqu'aux frontières du Portugal, puis nous avons piqué sur les îles Canaries.
Belle traversée d?environ 540 milles. Les 2 premiers jours ont été assez musclés, puis nous avons retrouvé le grand plaisir des navigations étalées sur plusieurs jours où la vie à bord est ponctuée par les quarts, les points, les manoeuvres, les repas, les siestes, la lecture.
Couchers de soleil où ciel et mer s'embrasent, où tout devient feu, nuits fantastiques où le clair de lune était si impressionnant qu'il faisait jour toute la nuit.
Passages s'est régalé avec des vents réguliers et des allures portantes qu'il affectionne. Notre brave destrié s'est aussi montré courageux lorsque la houle lui battait les flancs.
Les milles nautiques se sont égrenés et nous sommes arrivés à Lanzarote.
Mouillages sauvages ont alterné avec marinas où nous avons remis en ordre quelques disfonctionnements, maintenance, vernis, la routine de la vie de marin, chacun sachant que lorsque tout fonctionne ce n'est qu'un état précaire et limité dans le temps?..
Visite de Fuerteventura : Ile aux nombreux volcans, champs de lave sur des km2, impressionnant monde minéral où la nature est seule architecte et constructeur de ces imposant édifices.
Grand Canaria où notre arrivée fût moins sportive qu'il y a 7 ans. En effet cette année notre moteur était en état et le vent coopératif, un bonheur n'arrivant jamais seul !
Nous avons eu bien du mal à reconnaître cette ville et le port qui se sont complètement modernisés.
Cap au sud de l'île, nous avons passé d'agréables moments à Puerto Mogan, petit port extrêmement fleuri, ambiance bon enfant, rencontre avec des français fort sympathiques, retrouvaille avec Vincam, visite de notre belle soeur Sylvie.
Avons profité des bains de mer et d'une eau à 25°. Mais ici aussi la fabuleuse manne touristique bien que profitable à la création des infrastructures routières a aussi sérieusement ravagé le littoral.
Ce qui nous a vraiment enchanté, c'est l'île de la Gomera : pas d'aéroport, peu de touristes, peu de dégâts. Ile encore à ce jour sauvage et authentique avec une flore extrêmement variée, aux reliefs accidentés d'où émergent des pics imposants et de grandes gorges profondes. Les canariens ont su exploiter les flancs de leur montagne en réalisant des cultures en terrasses. Quel courage, volonté et virtuosité pour arriver à rendre productif ces lopins de terre.
Nous y avons fait une cure de mangues, avocats, tomates, bananes, dates et autres fruits exotiques. L'accueil des gens et leur gentillesse ne nous ont pas été étrangers.
Il est 17 heures ce 17 Décembre 2005, la côte africaine est visible depuis 13H il reste environ 30milles, mais Eole à décidé de faire durer le plaisir en ne nous gratifiant que d'une légère brise de 5 noeuds venant du nord ce qui a pour implication directe du plein vent arrière, qui ne nous arrange guère.
C'est sous spi tangonné, artimon en ciseau, vitesse fond 3 noeuds (soit 5.4kms heure, à pieds, on va aussi vite et merci au courrant favorable de 0.8 noeud) que nous découvrons ce continent qu'est l'Afrique. Difficile de nous prendre en infraction de vitesse !!!
Quel plaisir malgré tout que cette arrivée en douceur sous un ciel limpide et grand soleil, mer toujours aussi plate où le silence n'est troublé que part les filets d'eau courant le long de la coque, bateau parfaitement à plat pour notre plus grand confort.
Ainsi va bientôt prendre fin cette traversée de 800 milles où Passages aura effectué 150milles en 24h mais aussi 24milles en 24h !!!. Ceci pour expliquer qu'il est impossible de prévoir un rendez vous. C'est ça la mer !!!
Ainsi s'achève cette première étape de notre croisière pour nous et la fin d'une année pour tous.
Nous en profitons pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d'année.
Préparez Noël avec les quelques degrés supplémentaires que nous vous expédions chaleureusement.
Tous nos meilleurs voeux de bonheur, santé, que mille projets personnel se réalisent et surtout que cette année nouvelle permette que l'on puisse se retrouver.
Rencontrer des hommes, admirer des paysages, connaître d'autres valeurs, retrouver sa propre histoire ou sa propre civilisation aux sources même où elles sont nées.. Le voyage reste une aventure. Je souhaite l'avoir partagé avec vous.
Le mousse vous embrasse, le capitaine Bob, ainsi que Passages..

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