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La forme d’une ville
Implantée sur un contrefort de grès du massif de l’Estérel, dominant les vallées de l’Argens et du Reyran, Fréjus présente l’aspect d’une petite ville provençale dont les nouveaux quartiers s’étendent jusqu’à la mer.
Une fondation à vocation maritime
Fondée au Ier siècle avant J.-C., Fréjus ou Forum Julii apparaît comme une étape importante sur la voie aurélienne. Dès son origine, elle se voit dotée d’un port intérieur, dont le bassin, aménagé dans une zone marécageuse, est relié à la mer par un long canal. Un rempart protège l’agglomération, il fixera pour de longs siècles les limites de l’habitat. Le tracé irrégulier de ces murailles est dû au relief accidenté du site. Les fouilles archéologiques révèlent en effet une ville antique aménagée en terrasses successives présentant une fort déclivité vers le sud.
Fréjus, l’empreinte épiscopale
L’implantation au centre de la ville de bâtiments paléochrétiens est attestée au moins depuis le Vème siècle, marquant ainsi très tôt le paysage urbain. Une agglomération médiévale se constitue peu à peu autour du groupe épiscopal et s’entoure d’une enceinte semi ovale. La prospérité économique de la cité profite aux évêques, soucieux de montrer leur pouvoir : ils fortifient l’ensemble épiscopal dont une des tours, crénelée, domine les toits.
La ville au fil des siècles
Fréjus ou la destinée d’une ville qui, de chef-lieu de cité romaine dans l’Antiquité devint siège d’évêché à partir du 4ème siècle, puis considérée aujourd’hui comme un lieu de villégiature privilégié.
Du « marché de Jules »...
C’est sans doute en se rendant à Marseille qu’il allait assiéger, que Jules César fonde, en 49 avant J.-C., le Forum Julii (littéralement le « marché de Jules »). Tacite nous apprend que la flotte d’Antoine et de Cléopâtre fut envoyée dans le port de Fréjus après leur défaite devant Octave (futur empereur Auguste), au large d’Actium en 31 avant J.-C. Le port ne perdra qu’au 3e siècle sa vocation militaire première qu’il partageait avec ceux de Misène et de Ravenne. Peu de temps après la victoire d’Actium, la ville reçoit des vétérans de la 8e légion et bénéficie alors du titre de colonie de droit romain.
... à la cité des évêques
La première mention de Fréjus comme siège d’un évêché date de 374. Le vide documentaire que connaît l’ensemble de la Provence jusqu’au 5e siècle ne nous permet pas d’évoquer la vie et l’aspect de la petite cité épiscopale. Dans une charte de 990 l’évêque Riculfe brosse un triste portrait de sa ville qu’il décrit ruinée par les raids sarrasins, ce qui semble fort exagéré. Mais la richesse agricole de la plaine relance le commerce et les échanges, notamment avec les marchands génois au 12e siècle. On voit alors les différents évêques de Fréjus apporter leur appui aux comtes de Provence, ce qui fait bénéficier la cité de nombreux privilèges jusqu’en 1481, date du rattachement à la France.
Mais cette richesse économique fait place, à partir des années 1580 et ce durant deux siècles, à un déclin démographique continu, doublé d’un endettement toujours plus important. La période révolutionnaire ayant encore aggravé la situation, il faut attendre la première décennie du 19e siècle pour voir l’amorce d’un renouveau. Le manque de « bras » est endémique dans le domaine agricole, qui demeure la principale ressource locale, les vignobles remplaçant peu à peu les cultures céréalières traditionnelles. Cette activité entraîne alors une vague d’immigration piémontaise. La situation s’améliore encore sous le Second Empire où l’industrie se développe, notamment l’exploitation des sites carbonifères de la vallée du Reyran et des schistes bitumeux et de la houille des mines de Boson. La municipalité cherche à attirer de nouvelles activités et c’est ainsi qu’en 1912, la marine implante à Fréjus le premier aérodrome naval destiné aux hydravions.
Dans l’entre-deux guerres apparaît la volonté de faire de Fréjus une véritable station balnéaire, mais ce n’est en fait qu’à partir des années cinquante que l’activité touristique se développe véritablement pour devenir un des principaux atouts de la commune.
Le 2 décembre 1959, à Fréjus, la rupture du barrage de Malpasset, marquera toute une génération par l’ampleur du bilan en pertes humaines; il en a résulté une transformation du paysage et de l’économie dont les effets se sont longtemps fait sentir. Les terres à blé de la vallée de l’Argens et les champs de pêchers de la vallée du Reyran sont remplacés par l’horticulture... En savoir plus >>
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