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La sévérité connue du bon Frère s’adressait surtout aux détenteurs du pouvoir temporel : Lors de son passage à Naples, sur le chemin de la France, il fut accueilli chaleureusement par le roi Ferrante, toute la cour, ainsi que par un peuple enthousiaste.
Le souverain voulut offrir au Saint homme un plat rempli de pièces d’or pour l’édification d’un couvent. François remercia courtoisement mais il tint à critiquer les méthodes de gouvernement du potentat et lui dit en conclusion : « Cet argent que vous m’offrez, n’est pas le vôtre ; c’est le sang de vos sujets écrasés sous le poids d’impôts énormes. Je vous conjure d’améliorer votre attitude à leur endroit ». Et pour confirmer ses dires, il prit une pièce d’or, la brisa et en fit jaillir du sang en concluant : « Voilà, Majesté, le sang de vos sujets qui réclame justice à la face de Dieu .
Il fera des reproches similaires à Louis XI lors de son séjour en France et refusera toute tentative de compromission. Mais il réussira ce miracle de conduire le monarque français, vers une sainte mort alors que ce dernier n’attendait de la présence de celui qu’il dénommait « le bon homme » qu’une rapide guérison. Cette peur du trépas imminent l’avait poussé à exiger du Pape Sixte IV « qu’il lui mande promptement ce Saint Thaumaturge dont toute la Chrétienté connaît les vertus ».C’est par pure obéissance à l’autorité pontificale et non par choix personnel que François accéda à cette demande.
Mais il fut toujours ferme et intransigeant avec les détenteurs d’une autorité hégémonique.
Cette attitude peut-elle encore s’actualiser ? Lors de son voyage à Tours le 21 septembre 1996, Jean Paul II trace un saisissant parallèle entre notre époque et le quattrocento. Dans « L’Osservatore Romano » du 26 septembre 1996, le journaliste Pietro Borzomati relate le message papal qui fait référence aux propres paroles de Saint François de Paule, qui avait montré en son temps une grande aversion pour les injustices, reconnaissant Jésus Christ dans le pauvre et traitant de « malheureux » les tyrans qui attentaient jusqu’à la dignité des pauvres gens. Dans la lettre qu’il leur adressait retenons cette terrible admonestation :
« Ô misérables malheureux, avares à faire le bien et prodigues à faire le mal, « vous qui dilapidez par pur orgueil, assassinant ainsi vos vassaux ! Ne savez-vous « pas que les peuples sont les vassaux du Dieu Très-Haut ? Ce sont des hommes « comme vous ; ils vous ont été confiés comme sujets, non pour que vous les voliez et « les traitiez durement, mais que vous les gouverniez avec les mêmes soins que le « pasteur témoigne envers ses brebis.
« Ô, plus méchants que les loups rapaces et les lions affamés, ayez honte de « vos oeuvres mauvaises, ô, chrétiens par l’usage, non pas en vérité, ô, pire que les « infidèles, ô, tyrans du peuple de Dieu ! »
Par ces paroles, François de Paule nous montre sa détermination, sa lucidité et son courage.
Extrait du livre Saint François de Paule à Fréjus.
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