Les derniers temps, la mort de Saint-François de Paule
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Les témoignages traditionnels nous rapportent que, dans ses derniers temps, l’époque de sa mort lui fut révélée ; il en fit part à ses Frères et leur donna ses derniers conseils pour la poursuite de l’oeuvre qu’il avait initiée. Malgré la maladie et les souffrances inhérentes à son grand âge, il se préparait ardemment à cette épreuve, soutenu par une inébranlable espérance.

Le Dimanche des Rameaux de l’an 1507 il ressentit les prémisses de sa fin prochaine. Le Jeudi-Saint il descendit, sans aide, à l’église pour y entendre l’office, où quand il reçut le Corps du Christ, son visage se transfigura. Le Vendredi-Saint au matin il réclama la présence de tous ses Frères qu’il bénit et désigna son successeur le Père Bernardino Cropulato. Après avoir reçu l’extrême-onction il entendit de la bouche de ses Frères le récit de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Alors il confia son âme à Dieu en prononçant ces paroles : « Ô mon Seigneur « Jésus-Christ ! Ô bon pasteur, conservez les justes, faites justice aux pécheurs, « accordez votre miséricorde aux fidèles défunts et soyez-moi propice, à moi, « misérable pécheur. Amen. »

Puis, il prononça les noms de Jésus et Marie et son âme rejoignit le ciel. Il venait d’atteindre l’âge de 91 ans.

C’était le Vendredi-Saint 2 avril 1507, vers dix heures de la matinée, que François nous quitta en nous laissant les témoignages d’une vie de foi et de prière perpétuelle, de l’exercice de la charité et de l’amour divin, de sa passion pour le crucifié, de la vénération et de son profond respect pour le sacrement de l’autel, du don de soi total et sublime, de la recherche perpétuelle d’une vie mystique dans la contemplation, d’une dévotion confiante à la Vierge Marie, Mère de Dieu.

Après sa mort le peintre officiel de la Cour, Jean Bourdichon, fut prié de relever son masque funéraire, d’après lequel il réalisa le portait que nous connaissons. Une foule passionnée se pressa pour approcher sa dépouille et emporter quelques fragments d’objets lui appartenant qui furent la cause de nombreux miracles attestés au procès de canonisation de Tours.

Le corps du bienheureux fut inhumé provisoirement dans la chapelle Saint François d’Assise puis, sur ordre de Louise de Savoie, placé dans une sépulture digne d’un grand serviteur de Dieu. Son corps exhumé après plusieurs jours conservait son état de fraîcheur et Bourdichon put mouler ses traits pour la seconde fois.

Un mois après la mort de son bienfaiteur la Reine Anne de Bretagne obtint la guérison miraculeuse de sa Fille Claude de France et intervint aussitôt auprès du Pape Jules II pour obtenir sa canonisation. Le Pontife romain ordonna une enquête « prompte, fidèle et prudente sur la vie et les miracles de Frère François. » Plus de cent quatre-vingts témoins déposèrent mais Jules II mourut avant la fin des enquêtes. ce fut son successeur, Jean de Médicis, devenu Léon X qui le 7 juillet 1513 éleva au rang de Bienheureux celui qui lui avait prédit à Rome en 1482 : « Je serais Saint « lorsque tu seras Pape. » La prophétie sera totalement concrétisée le 1er mai 1519, lorsque Léon X proclamera solennellement que « François de Paule, d’heureuse « mémoire, fondateur de l’Ordre des Minimes, est inscrit au catalogue des Saints. »

Plus tard, sa dépouille sera victime des guerres de religion. Son corps à nouveau exhumé et toujours intact sera brûlé par les Huguenots. Un témoin bouleversé, René Bedouet, fermier voisin du couvent, put, en se dissimulant, préserver quelques ossements retirés du brasier. Ces reliques furent dispersées dans divers sanctuaires et Fréjus obtint de Rome un petit fragment d’os et un morceau de son vêtement qui sont ici pieusement vénérés.

Le culte de Saint François de Paule est toujours bien présent à Paola, ainsi que dans de nombreuses cités italiennes où subsistent des couvents de Minimes et des sanctuaires le concernant. Il a été proclamé dans ce pays « Patron des gens de Mer » et « Patron principal de l’Italie du Sud ».

Mais il est aussi prié et célébré avec ferveur dans de nombreux pays d’Europe, d’Amérique Latine, aux Etats-Unis-d’Amérique ou au Canada, par de nombreux ressortissants calabrais, déracinés, comme lui en terre étrangère.

A Fréjus, son culte est toujours célébré avec faste plus de cinq cents ans après son passage miraculeux, et notre fidélité ne doit pas lui faire défaut. Mais pour bien expliquer et comprendre les motivations qui animent notre Bravade, il fallait avant toute chose, nous remémorer l’existence exemplaire d’un des plus grands Saints de l’Histoire de l’Eglise de Jésus-Christ.

Extraits du livre : Saint François de Paule à Fréjus
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