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La vie de Saint François de PAULE
(Introduction, citations)
(Naissance, enfance, jeunesse érémitique)
Introduction, citations :
« Recoumandas-vous toujour à Francés de Paulo, e d’aquéu grand bénfa de la deliéurenço de la pèsto pèr sei preguière n’en perden jamai la memòri. »
(Recommandez-vous toujours à François de Paule, et de ce grand bienfait de la délivrance de la peste par ses prières n’en perdons jamais la mémoire.)
Cette exhortation de Misè Bertolo au peuple de Fréjus, qui clôt le dialogue historique de la rencontre entre François de Paule lors de son entrée dans notre cité, et la vieille Fréjusienne qui l’accueille, conditionne tout l’attachement que manifeste depuis lors le peuple de Fréjus à l’une de ces créatures exceptionnelles que Dieu envoie aux hommes pour leur montrer le chemin, leur apporter la vérité, les appeler à la vie.
Afin d’alimenter cette mémoire auprès des générations actuelles et futures, il nous a paru nécessaire de publier, à l’aube de ce troisième millénaire chrétien, une Histoire de Saint François de Paule s’inspirant des nombreux auteurs, biographes et historiens qui lui ont consacré un nombre incalculable d’ouvrages, ainsi qu’une narration aussi précise que possible de notre Bravade Fréjusienne en reprenant l’essentiel du remarquable ouvrage de Monseigneur Pierre Chaix qui termine son récit en 1923, année précisément où fut interdite toute procession ou manifestation religieuse en dehors des édifices du culte par les autorités anticléricales de l’époque.
Nous évoquerons enfin les bravades contemporaines, depuis la création en 1950 de notre « Association des Amis de Saint François de Paule et des Traditions Fréjusiennes », jusqu’à la mémorable commémoration, en 1982, du 500e anniversaire du passage du Saint Homme à Fréjus. Nous puiserons nos sources à la mémoire et au témoignage des acteurs de cette époque, aux écrits légués par les historiens locaux :
Paul Graugnard, Guillaume Barles, Marcel Foucou, ainsi que dans les archives conservées à « L’Oustau de Sant Francés ».
Naissance, enfance, jeunesse érémitique
C’est à Paola (Paule en français), petite cité calabraise située au bord de la mer Tyrrhénienne, que naquit le Vendredi 27 mars 1416 le premier enfant d’un couple d’une grande piété qui, après avoir été longtemps stérile, implora l’aide de Dieu et l’intercession de Saint François d’Assise.
Enfin exaucés, les parents, Giacomo d’Alessio et Vienna di Fuscaldo, donneront tout naturellement à leur fils le prénom de François, le plaçant ainsi sous la protection du « Poverèllo ». Tout au long de sa vie François s’inspirera de son modèle ; comme lui il ne se considérera que comme un pénitent, refusant par humilité, l’ordination sacerdotale. Il luttera contre les tenants du pouvoir politique pour qui l’argent constitue la valeur suprême de référence. Il souffrira des déviances d’une Eglise politisée, dominatrice et vivant dans le faste. Comme lui, il oeuvrera, dans un engagement sans concession et dans la pauvreté, pour l’amour du prochain et pour la liberté.
Durant sa longue existence terrestre il vivra pleinement le Saint Evangile.
Un mois après sa naissance une grave maladie mit la vie du nouveau-né en danger et le médecin déclara, qu’en tout état de cause, il perdrait la vision d’un oeil. Sa mère, implora à nouveau le Saint d’Assise en lui promettant que l’enfant, une fois guéri, porterait dès que possible, pendant une année, l’habit de l’Ordre des Frères Mineurs dans un de leurs couvents.
L’enfant fut en effet sauvé et exempt de toute infirmité.
Cependant, au foyer de Giacomo et de Vienna, naîtra vers la fin de 1418, une fille nommée Brigitte qui épousera plus tard Antonio d’Alessio, de qui elle aura cinq enfants. L’un d’eux, Andrea s’établira en France où il aura une nombreuse descendance.
Giacomo et Vienna donnèrent à leurs enfants une éducation basée essentiellement sur l’amour de Jésus-Christ, la dévotion à la Très Sainte Vierge Marie et la pratique des vertus chrétiennes. François progressait dans l’amour divin mais les troubles sociaux de son époque ne lui permirent pas d’utiliser sa vive intelligence pour l’étude des disciplines humaines.
Cependant Dieu savait qu’il donnerait à ce nouvel apôtre plus que la science des hommes : la sagesse divine qui lui permettrait, toute sa vie, de confondre les bassesses et les turpitudes des uns, d’exalter les vertus des autres.
Lorsque le jeune François eut atteint l’âge de treize ans, il rappela à ses parents que le temps était venu d’accomplir leur voeu. Ceux-ci le conduisirent au couvent de San Marco où il passa une année de dévotion et de prières et fit l’admiration de tous les Frères. Il se tenait constamment au service du Seigneur et de son entourage, acceptant les tâches les plus humbles qu’il sanctifiait par son dévouement.
A l’issue de cette année édifiante il entreprit avec ses parents un pieux pèlerinage qui les conduisit à Rome puis vers Assise où il pria sur le tombeau de son Saint Patron, ainsi qu’en d’autres sanctuaires. C’est au Mont Cassin, où, prenant exemple sur Saint Benoît retiré dans la solitude dès l’âge de quatorze ans, que François adopta la résolution de quitter au retour son entourage pour mener une vie de prière exclusive et solitaire.
Ses parents ne s’opposèrent pas à son projet et mirent à sa disposition une petite terre isolée leur appartenant. Mais cet endroit se révéla, à son goût, trop fréquenté et notre nouvel ermite se mit en quête d’un lieu plus isolé. Il découvrit et aménagea sommairement une grotte que l’on peut encore visiter de nos jours, où il passa cinq années de solitude, d’adoration, de jeûne et d’autodiscipline, car il eut, comme Jésus au désert, à repousser les assauts du Malin qui, ne pouvant entamer l’intégrité de son âme, s’en prenait, selon ses propres paroles, « à son pauvre corps et le faisait souffrir de toutes manières ». Là il s’éduqua à l’école mystérieuse de la grâce dans la seule fréquentation de Dieu.
Le temps était venu où le Seigneur voulut donner en exemple au monde un être exceptionnel qu’il conduira vers l’accomplissement d’une parfaite sainteté.
A dater de cette époque il reçut dans son ermitage des visites de plus en plus nombreuses de personnes de toutes conditions qui venaient chercher auprès de ce jeune thaumaturge l’apaisement et la paix intérieure, mais aussi entendre la parole divine à son état pur. Certains, jeunes pour la plupart, souhaitaient partager son mode de vie et venaient se placer sous sa conduite spirituelle. François les accueillit et fut dès lors convaincu qu’il lui faudrait créer un nouvel Ordre religieux au service de l’Eglise de Dieu.
Extrait du livre « Saint François de Paule à Fréjus «
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